Voyage au pays de l'Imagination

Les mises à jour se feront désormais sur le site : http://erick.chtonios.free.fr


BIENVENUS A TOUS !!


Qui n'a jamais rêvé de créatures étranges, de pirates ou encore de magie et d'amour ?
Moi je rêve en continu.
Venez et profitez de ces rêves avec moi.

Ce receuil grandira avec le temps, et votre aide si vous en avez l'envie.

Bonne lecture...

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Sommaire


Innocente
Condamnés
Temps Morts
Le Bon Vieux Temps
La Fin Du Monde
Mythology - Episode I
Mythology - Episode II
Chut
Montmartre
Sonnet A La Joie
Mythologie - Episode III
Le Quai De L'Amitié
Proverbe
La Comptine Des Deux Petits Lapins
Le Dodu Dindon
Fleur-de-Lys
L'Amour A Mort
Mythology - Episode IV
Qui Suis-Je ?
Petite Insomnie
Lui
Inaccessible
Triste Pensée, Joyeuse Larme
Le Miroir Et Le Bonheur
Histoire De Vieilles Dames
Toi

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Mes publications


- La Douce Chanson du Menestrel et autre nouvelles, sept. 2007 (article ici)
# Posté le vendredi 06 octobre 2006 14:57
Modifié le vendredi 01 mai 2009 05:20

Innocente

La foule commençait à s'amasser autour de la place, autour de la faucheuse. La guillotine était de sortie aujourd'hui ; elle avait rendez-vous avec une certaine comtesse, mais son identité elle s'en contrefichait. Ce qu'elle adorait par-dessus tout : les cris et le goût du sang sur sa lame.

Tout d'abord, les cris. Elle adorait entendre la foule crier et insulter la victime. Elle jubilait à voir tous ces gens pour la voir faire son travail. Le moment qui suivait la décapitation était le meilleur, le moment où tout le monde riait et chantait en balançant la tête du mort au bout d'une pique.

Ensuite, le goût du sang, inoubliable. Sa première fois lui fit bizarre. Elle ne savait pas encore ce qu'elle allait ressentir mais elle fut surprise. C'était encore mieux qu'elle ne l'espérait. Lorsque la lame entra dans la chair, elle tressaillit et profita de ce doux moment. Lorsqu'elle sentit le sang, expulsé du corps, dégouliné sur sa lame, elle s'envola au septième ciel.

Elle avait hâte de recommencer. Elle voulait revivre encore cette sensation inoubliable. Quelques jours après sa première fois, elle allait recommencer ; elle était excitée.

Elle aperçut la victime arriver sur la charrette, les mains attachées derrière le dos. Cet épisode préliminaire la mettait en bouche avec l'excitation de la foule qui montait en intensité. La victime lui faisait à présent face, elle la dévisagea attendant l'instant final. Le bourreau plaça la victime sur la guillotine, qui continuait d'accueillir les acclamations du peuple surexcité. La lame vibra et la jouissance fut telle que la faucheuse en demandait encore, mais elle n'aurait rien de plus ce jour.

La foule explosa de joie puis très vite se dispersa, la place se rendormant doucement. Le bourreau sortit un chiffon et nettoya tendrement la lame maculée du sang de la victime. Elle aimait ce petit moment de tranquillité et d'intimité avec lui.

La Révolution éclata et la faucheuse en jubilait d'avance. Les victimes arrivèrent en effet par charrettes entières. La jouissance allait être supérieure à tout ce qu'elle avait pût ressentir auparavant. La lame faisait à présent des va et vient, accompagnés par les cris de la foule. Et la dernière victime fut pour elle l'extase.

Sa seule peur serait de ne plus pouvoir se faire plaisir en enfonçant sa lame dans la tendre chair d'un condamné ; on sait toujours quand fut la première fois mais jamais si cette fois-ci est la dernière.

Et quoi qu'il arrive, elle est innocente !
# Posté le vendredi 06 octobre 2006 15:12

Condamnés

Les rayons du soleil traversaient péniblement les vitraux ternes et poussiéreux de la grande salle. La vie était inexistante depuis de très nombreuses années, depuis que la grande bibliothèque avait fermées ses portes suite à un terrible incendie. Les grandes étagères stoïques engrangeait de plus en plus de poussière et le livres attendaient une quelconque sortit afin de prendre l'air. Mais personne n'était plus venu ouvrir l'un de ces nombreux volumes pour se distraire, étudier ou assouvir une quelconque passion dévorante. Depuis plus de cinquante ans, l'unique salle de la bibliothèque était condamnée et surveillée par un vieux gardien aigri, détestant tout perturbateur désireux d'informations et l'empêchant ainsi de faire sa sieste quotidienne.

Le silence habituel de ce cimetière du savoir fut soudain brisé par le bruit étrange d'un objet tombant sur le sol.

« Désolé », chuchota le petit garçon ramassant le livre tombé à terre et le remettant à sa place parmi les siens.

Il regarda autour de lui, vérifiant que le gardien n'était pas dans les environs, puis reprit sa ballade dans les diverses avenues et ruelles de cette ville fantôme. Jack, adolescent aventureux, avait réussi à parvenir à l'intérieur du bâtiment sans se faire repérer par le gardien tant redouter. Il avait découvert un passage, une brèche, qu'il comptait utiliser le plus souvent possible ; il aimait déjà ce lieu tout envahit de mystère. Il continuait son exploration, ne cessant de faire attention, veillant à être le plus silencieux possible. Il ne voulait vraiment pas faire la rencontre du gardien qui était craint de tous ; on racontait que ce gardien était un sorcier et qu'il s'amusait à tuer toute sorte de chose pour ses potions, mais Jack n'y croyait pas. Il savait qu'il ne fallait pas le rencontrer et c'est qu'il allait faire, ou du moins essayer.

Jack venait d'atteindre le c½ur de ce monde, les deux immenses tables rectangulaires étaient chacune recouverte d'une épaisse couche de poussière ; un petit courant d'air provoqué par le passage de Jack l'explorateur souleva le voile et un épais brouillard se forma au-dessus du plan de travail. Jack toussota ; son allergie à la poussière qui fut maîtrisé jusque là devint incontrôlable. Il fut prit par une quinte de toux qui résonna comme le son d'une cloche dans toute la cité interdite. Jack réussi à se calmer, resta silencieux durant de longues secondes ; il espérait que le vieux gardien ne l'ait pas entendu. Mais très vite, un cliquetis se fit entendre à l'autre bout de la salle de lecture. Il n'avait à présent plus aucun moyen de partir, son passage secret se trouvant aux antipodes de sa position. Il ne croyait pas aux légendes racontées sur le gardien maléfique mais sa peur devint panique. Que devait-il faire ? Il ne le savait pas. Il voulait courir mais ses jambes refusaient d'avancer, il aurait voulu crier, pleurer mais sa voix avait disparu et ses larmes s'étaient asséchées.

Les bougeoirs disposés un peu partout dans la bibliothèque s'allumèrent, la flamme de chaque bougie vacillait dans une lente danse endiablée. La silhouette du gardien apparu aux yeux du jeune perturbateur ; sa canne tapait le sol, accompagné par les talons des mocassins noirs et lustrés ; il était vêtu d'un costume de fabrication anglaise et rasé de près contrastant avec une chevelure grisonnante et hirsute. Il s'arrêta et regarda l'intrus à travers son monocle qu'il rangea dans l'une des poches de son veston.

« Ce lieu est interdit, que fais-tu ici ? » demanda d'une voix ferme le vieillard.

Jack ne parvint qu'à balbutier quelques bribes de mots avant que le vieux gardien ne reprenne la parole.

« C'est à cause d'un autre comme toi que cette bibliothèque fut fermée, alors si tu ne veux pas que je m'énerve : retourne d'où tu viens. »

Jack fit quelques pas vers l'effroyable gardien puis prit la fuite en direction de son passage secret, apeuré mais soulagé d'être une fois de plus sain et sauf.

Le gardien était de nouveau seul dans son royaume devant l'allée où Jack avait fait tomber le livre, qui se trouvait une nouvelle fois à terre. Il le ramassa, afficha un sourire en coin. Il l'épousseta rapidement et découvrir le titre de Jack et le haricot magique.

Il retourna à ses appartements, le livre sous le bras, faisant cogner à nouveau sa canne sur le vieux carrelage. Il s'assit lentement dans son vieux fauteuil, face à la cheminée où le feu crépitait une douce chanson d'hiver.

« Encore une brèche de moins », déclara le vieil homme après avoir jeté le livre dans les flammes, qui se régalèrent de ce délicieux et exceptionnel repas.
# Posté le dimanche 08 octobre 2006 14:51

Temps morts

Dès l'apparition du soleil, mon c½ur s'éveille

Et ton visage m'apparaît et me réveille.

Je m'approche du cadre te représentant

En oubliant le passage du temps.

Je me souviens alors de la nuit où j'appris,

Par une voix effondrée et sans aucun cris,

Que, toi et mes filles, vous veniez de partir,

Heurtés par ce diables, ne voulant ralentir,

Tandis que vous vous trouviez, tranquille, à l'arrêt.

Thanatos, froid, vous enleva sans être prêts

Me laissant ici seul et triste, triste et seul.

Lorsque le blues m'envahit, lorsque je suis seul,

Nos merveilleux moments me reviennent en mémoire :

Le mariage et tous les moments où il faut croire,

La naissance des enfants, superbes journées !

Notre vie ensemble est à présent terminée

Faute d'un diable ne désirant ralentir.

C'est avec ces mots que ce temps mort doit finir.

A chaque levé de soleil, mon c½ur s'éveille.

Et chaque matin depuis la Nuit, il revient

Ce douloureux temps mort devenu, hélas, mien.
# Posté le dimanche 08 octobre 2006 14:52

Le bon vieux temps

Oui ! Le temps passe et repasse et la vie trépasse

Les hommes se voient invulnérables et immortels

Le temps, comme leçon, leur fait voir le contraire :

La perte d'un ami ou d'un proche parent.



Petit garçon, insouciant, armé de son sceau,

Vadrouillant, ici et là, découvrant le monde

Adolescent stylé, coureur de jupon,

Vadrouillant, ici et là, s'adaptant au monde.



Oui ! Le temps passe et repasse et la vie trépasse

Les adultes se voient infaillibles, immortels

Le temps, comme leçon, leur fait voir le contraire :

Pertes innocentes d'une mortelle guerre.



Adultes, occupés, armés d'un agenda

Vadrouillant, ici et là, à travers le monde

Le temps, pour eux, ne possède aucune valeur

Contrairement à la cupidité vitale.



Oui ! Le temps passe et repasse et la vie trépasse

Les vieillards se croyaient puissants et immortels

Le temps, comme leçon, leur fait voir le contraire :

Un fauteuil, le seul moyen de déplacement.



Vieillard, seul et calme, armé d'une belle canne

Attend, patient, la visite de la semaine

Toujours seul, ici et là, oublié du monde

Repensant, encore, au bon vieux temps de jeunesse.



Oui ! Le temps passe et repasse et la vie trépasse

L'humanité avance vers l'immortalité

Mais Il constatera toujours, ici et là

Que le temps passe, repasse et que la vie trépasse.
# Posté le dimanche 08 octobre 2006 14:54