La fin du monde

La chaleur augmentait en continu depuis plusieurs jours ; la fin était proche. Je suis ici le seul survivant et le dernier représentant de l'espèce humaine. J'ai le sentiment que ce jour sera le dernier que je vivrai.

J'espère que ce message sera capté par quelqu'un, un jour ou l'autre. Je vais donc essayer de vous donner un aperçu de ma planète, la Terre, telle qu'elle m'apparaît maintenant.

Le soleil est mourant et sa température augmente, de jour en jour. Depuis quelques temps, la chaleur à la surface de la planète avoisine les 30° Celsius. Les glaciers situés aux pôles ont tous fondu, ce qui a entraîné une violente montée des eaux et l'immersion d'une grande partie des continents ; j'ai vu la disparition de nombreuses espèces végétales et animales.

Maintenant l'eau se fait rare – j'ai soif. Beaucoup de petites mers intérieures ont déjà disparu. De l'espace, la belle planète bleue qu'était la Terre doit avoir une bien triste mine.

Ce matin, mon thermomètre indiquait 43,5° Celsius ; à présent, il indique plus de 70° Celsius. Si mes calculs sont exacts, le lieu où je me trouve devrait atteindre les 100° Celsius dans une quinzaine d'heures, ce qui signifiera la mort pour moi et tout être vivant sur cette douce planète ; ma capsule étant programmée pour s'arrêter à 100° Celsius.

J'ai peur, je l'avoue, mais c'est une peur sereine.

C'est bizarre, j'étais pourtant volontaire pour cette mission très spéciale, mais maintenant, si j'avais eu le choix, j'aurai refusé cette offre d'observer la fin du monde pour faire part au reste de l'humanité, maintenant disséminée un peu partout dans la voie Lactée – au frais, ils ont de la chance...

Je suis seul ici, un véritable ermite, éloignée de tout et de tous. Ici, je peux méditer sans être dérangé, si ce n'est par la chaleur ou bien l'explosion des poches de gaz qui laissent d'énormes cratères, transformant le paysage terrien en paysage lunaire.

Je crois savoir maintenant ce qu'est l'enfer, j'ai eu du temps pour y penser et le tester ; quand vous voyez une prairie se transformer en un désert sec et aride, où ne règne ni la vie ni la mort mais un stade entre les deux, votre peur devient insupportable. Ce qui est dur aussi, c'est la disparition de toutes les odeurs qu'offrait la planète ; elle n'offre plus qu'une odeur de brûlé, pesante de chaleur. Et depuis l'arrêt du vaporisateur d'odeurs, je commence à être en manque. J'ai faim, je n'ai plus rien à manger depuis quelques jours et croquer dans une pomme me manque terriblement !

Je deviens fou, j'ai de plus en plus d'hallucinations et de visions. Je vois des gens, des fantômes du passé ; je vois souvent ma famille quand je suis allongé sur mon lit essayant de trouver un sommeil, qui me fuit à cause de la lumière de plus en plus forte.

Mon thermomètre indique maintenant 85° Celsius. Je vais sortir et finir ma vie sur la Terre le plus rapidement possible. Je vais marcher jusqu'à mon dernier souffle. Je suis soulagé maintenant. Au revoir, douce Terre.



« Je suis désolé, madame, mais son cas est irrémédiable et incurable. Les radiations reçues lors de l'explosion de sa capsule l'ont condamné. Sa peau se désintègre, il est paralysé et presque aveugle et sourd. C'était un vrai miracle qu'il soit encore en vie lorsque l'équipe de secours l'a retrouvé parmi les débris », déclara le médecin à sa femme, avant que la machine n'émette une plainte aiguë et continue. C'était la fin du monde : le médecin retira sa main de l'épaule de la veuve pour éteindre la boite lumineuse.

# Posté le dimanche 08 octobre 2006 14:56

Mythology - Episode I

L'HABIT NE FAIT PAS LE MOINE

Erikus à mon frère Kurios, je te salue ! Ecoute et vois les secrets que je vais te révéler. Le silence tu devras garder où une malédiction tu subiras. Ecoute les secrets que dissimulent tes frères les hellènes. Leur art de la sculpture est un artifice, une trahison. J'ai fait la rencontre d'un géant, il s'appelle Gestal. et m'a tout révélé avant de disparaître. Ecoute, cette histoire et ta vision de tes frères sera changée.

J'ai rencontré ce géant en forêt alors que je cherchais des champignons, j'ai eu peur en le voyant. Il mesurait plusieurs pieds et pouvait prendre une biche à pleines mains. Ce géant était comme ceux décris dans les textes des anciens hellènes. Il avait du sang sur ses vêtements et son visage était souillé de boue. Il était fatigué et sur le sol tout humide il s'assit. Il me demanda de l'écouter, alors je m'assis à ses côtés et j'écoutai son discours.

Le voici tel que je l'ai entendu :


< Je m'appelle Gestal, fils de Gertal. Des révélations, à toi mon frère, je dois faire part avant que mon bourreau ne m'achève. Vous êtes mon seul espoir de mémoire ; vous devrez vous souvenir de ce massacre et le transmettre à votre tour. La communauté des géants fut décimée par les sculpteurs hellènes, de même que les autres communautés de créatures magiques.

< Les hellènes créent leurs magnifiques statues en nous utilisant comme c½ur de leur travail. Ils mentent en racontant et enseignant leur savoir du travail du métal. Les hellènes sont des magiciens et leurs sciences sont maléfiques, même pour eux ; pour tous, ils sont merveilleux mais leurs sacrifices leur donnent la force de nous combattre.

< Voici comment ils déciment et embellissent leurs cités. D'abord, ils traquent l'objet de leur désir ou de la commande, un géant pour une statue monumentale ou un nain pour une statuette. ; L'hellène Polyclètès adorait, lui, les humains athlètes. C'est d'ailleurs, un athlète, un doryphore, qui fit de lui un modèle. Une fois attrapée, la proie n'a plus aucune chance de survit, même si les dieux furent de mon côté cette fois-ci. Le sculpteur utilise son savoir pour faire de sa proie le c½ur de son projet futur. Une fois positionnée, il transforme le corps en terre humide qu'il fait chauffer dans un cercle de feu, tout en récitant hymnes et prières. La terre sèche et durcit en conservant tous les détails du corps, afin que la statue soie parfaite. Mais pour arriver à ce procédé si parfait, ils durent y mettre beaucoup de temps et d'énergie. Pendant tout ce temps, la proie est toujours en vie ; elle souffre sans pouvoir crier ni même mourir. L'étape suivante est la plus importante : la pose du métal. Le sculpteur fait fondre le métal et y ajoute une poudre magique dont lui seul connaît la composition. Il verse ensuite le liquide de métal sur la protostatue, la poudre permettant de n'avoir qu'une fine couche de métal ; cela permet encore de conserver tous les détails de l'anatomie. Six jours sont nécessaires pour faire refroidir complètement le métal et durant ce cycle, la proie meurt et se désintègre petit à petit, oubliée de tous.

< Cette méthode est horrible, mais ... >

Le géant n'eut pas le temps de continuer, il venait d'entendre ses poursuivant ; il me demanda de fuir. C'est ce que je fis, mais je m'arrêta derrière une arbre et continua d'observer le géant de loin. Un hellène apparu devant le géant qui ne bougea pas. Le sculpteur – appelé par le géant Caneios – se mit à remercier une étrange petite créature sauvage pour son aide. Leil, comme il fut appelé, baisa les pieds de son maître avant que celui-ci ne sorte un étrange pieu qu'il planta dans le corps de Gestal. Le pauvre géant se transforma en terre humide, avant de sécher et de disparaître en poussière dispersée par le vent.

Erikus à mon frère Kurios. Tu connais maintenant les secrets cachés par tes frères. Ce secret tu dois le garder si tu ne veux pas terminer dans l'atrium d'une villa. Tu ne pourras le révéler que sur ton lit de mort.

Erikus à mon frère Kurios, prend soin de toi.
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# Posté le dimanche 08 octobre 2006 14:58

Modifié le mardi 27 février 2007 08:25

Mythology - Episode II

LA REVANCHE DES LEILIPPUTIENS


Le nuage de fumée stagnait au-dessus du village, ou plutôt de ce qui en restait ; la guerre entre les Leilipputiens et les Hellènes avait commencé. Il ne restait qu'un seul survivant, le sculpteur Caneios. Il était blessé aux jambes et au visage et devait certainement avoir quelques côtes cassées. Il ne s'y attendait pas, en fait personne n'aurait pu imaginer qu'un jour cette rébellion ait lieu...


Leil travaillait pour les hellènes depuis de nombreuses années sans rien dire, sans intervenir dans les affaires de son maître. Durant des années il vit le sculpteur tuer des créatures de toutes sortes et de toutes régions : observer toutes ces cruautés gratuites l'horrifiait à un point que très vite il fréquenta un groupe de rebelles. Le Petit Peuple désirait que cette situation d'esclavage change, et vite. Très vite les rebelles mirent au point le projet de renverser leur roi qui acceptait cet esclavage en échange de privilèges conférés par les hellènes, propriétaires des terres, et d'entrer en guerre contre leur maître et Leil devint l'un des meneurs de cette rébellion, lorsqu'il parvint à subtiliser les secrets de Caneios, complètement inconscient de ce qui se préparait.

Durant des mois, les rebelles Leilipputiens – du nom de leur chef – mirent au point un plan d'action minutieux, pendant que la foule des adeptes grossissait davantage chaque jour. L'armée rebelle devenait toujours plus forte, et venait de se doter d'une nouvelle arme : un bâton lance-feu. Plusieurs espions avaient obtenu des secrets de magie, que des ingénieurs purent utiliser pour mettre au point cette arme destructrice, plus puissante que les armes des Hellènes. Le bâton de bronze était terminé par un étrange tube qui pouvait lancer de petites boules de feu. Ces rebelles préparaient aussi une section montée à dos de cheval – ou plutôt dans leur cas à dos de poney.


Le premier jour d'action arriva et le roi du Petit Peuple fut détrôné par les Leilipputiens, il dut s'exiler, laissant sa place à Leil qui décréta la guerre aux Hellènes. Sa première cible fut Belgium, le village de Caneios. L'attaque eut lieu dès les premiers rayons du soleil. L'armée se dirigea vers le village d'un pas cadencé. Peu de villageois étaient déjà éveillés, la plupart furent arrachés au sommeil par les cris des premières victimes ou par le sifflement des bâtons lance feu, tirant sur les habitations et sur leurs habitants. Tous les soldats s'en donnèrent à c½ur joie, tuant tout ce qui osait bouger.

De son côté, Leil s'était directement dirigé vers l'atelier de Caneios, qu'il trouva devant ses fours, comme tous les matins.

« Pourquoi ? demanda Caneios toujours tourné vers les fours.

— La liberté et ma satisfaction. On me respecte maintenant. »

Caneios reçut un premier tir à l'épaule au moment où il prenait la fuite. Il réussit à échapper à son bourreau et trouva refuge sur le haut de la colline parmi la végétation. De là il pouvait observer la triste scène de massacre, où ses frères se faisaient brûler par ces créatures sauvages. Son village brûlait, son peuple se faisait massacrer, et il ne pouvait rien y faire. Pendant quelques minutes, qui lui parurent une éternité, il écouta les cris et les pleurs de son peuple ; et puis plus rien : il était le dernier. En s'avançant pour mieux voir, il dérapa et dévala la pente de la colline. Ses blessures l'empêchaient maintenant de fuir. Il était encerclé par l'ennemi, Leil arriva.

« C'est la fin, » dit-il voyant l'arme pointée devant lui...
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# Posté le dimanche 08 octobre 2006 15:00

Modifié le mardi 27 février 2007 08:24

Chut

Dire, parler, j'écoute silencieusement

Le sifflement du vent chanter dans mes oreilles,

Ce ciel me chantonne une douce mélodie

Calme, reposante, je ferme mes paupières.

Dire, parler, j'écoute silencieusement

Le clapotis de l'eau chuchote à mes oreilles,

Cet océan me souffle une mélodieuse note

Calme, reposante, je ferme mes paupières.

Le silence est la plus délicieuse musique.

# Posté le dimanche 08 octobre 2006 15:01

Montmartre

Saint-Michel terrasse le dragon surplombant toute la cité endormie

A la lumière du projecteur, il surveille la ville infinie

Où de son ventre arrondi, la lune berce les quelques amoureux

Main dans la main, ils errent lentement et silencieux.

A la tombée du jour, un nouveau monde se réveille

Tous les chats sont noirs et la superstition s'éveille,

Les fantômes reviennent pour se mêler aux vivants

Et les fantômes reviennent pour apprécier ce moment.

Le fusain glisse sur le papier, croquant le visage de ces touristes

Tombés par hasard dans les filets de ces caricaturistes.

La suite de la ballade peut s'arrêter sur les marches de la butte,

Une seconde ou une heure assit ensemble sans but ;

Regarder la lune ou bien écouter la zik des ces gars

A tour de rôle ou ensemble dans une démonstration de capoera.

Au son des pièces tombant dans le panier des danseurs

Tout le monde se lève et quitte ce lieu encore rêveur.

La fin du voyage :

Encore un peu de courage ;

Attention au chemin suivi, ou ça risque de faire mal

Des touches il est possible de faire sur la place Pigalle.

Du haut de sa butte, le célèbre Montmartre reste

Immortel et sage, mais surtout modeste.
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# Posté le dimanche 08 octobre 2006 15:02