THE LOST ISLAND
Nous avions laissé Caneios et Leil dans un face à face mortel. Tuer l'Hellène aurait été facile pour Leil et son peuple, mais le Conseil Leilipputien en avait décidé autrement...
Le soleil était à son zénith, la température devait bien atteindre les quarante degrés sur le sol aride du désert leilipput qui se trouvait au beau milieu d'une île au c½ur même des Cyclades. Certaines rumeurs circulant ici et là plaçaient l'île leilipputienne proche de Paros, mais personne ne put réellement vérifier ; seuls ceux sachant où ils allaient pouvait trouver l'île. Caneios avait été enfermé, sur ordre du nouveau Conseil dans l'un des camps du désert, ces forteresses ayant la réputation d'être inviolables. Aucun prisonnier ne pouvait fuir sans se faire tuer, et quand bien même ils fuiraient de cette façon, ils mouraient de faim et de soif dans le désert, ou encore dévorés par les bêtes sauvages ; tels étaient les dires de tous les prisonniers, quelque puisse être leur origine.
Depuis la rébellion des Leilipputiens, tous les peuples, y compris Rome, craignaient ces petites créatures. Elles commençaient à dominer la méditerranée et à faire des alliances avec des barbares.
Le centre du camp était une immense mine à ciel ouvert que les prisonniers devaient exploiter jusqu'à l'épuisement ; celui du prisonnier et non pas de la mine puisqu'elle était, d'après certains, inépuisable. Les prisonniers sur-vivaient dans des cabanes de bois agonisées en quartier, créer afin de faciliter leur surveillance tout autour de la mine. La capacité totale du camp numéro trois, où se trouvait Caneios, était d'environ mille prisonniers.
L'ancien sculpteur, à moitié nu, s'affairait à sa tache devenue quotidienne depuis plusieurs semaines. Caneios souffrait une dizaine d'heures chaque jour, sous un soleil de plomb, à creuser dans la mine il n'avait le droit à un petit rhyton d'eau que toute les heures, et ce sous la surveillance de son gardien personnel, qui n'était autre que Leil. Son nouveau maître le regardait avec ironie et s'amusait à le torturer de temps à autre en ajoutant à son eau une étrange épice qui rendait la boisson presque imbuvable. A chaque gorgée d'eau avalée tant bien que mal, Leil affichait un large sourire sadique.
Le soir venant, les prisonniers avaient tous droit à un repas composé d'une bouillie visqueuse à base de légumes et d'une petite coupe de vin que tout le monde savait contaminé par plusieurs drogues qui enlevait toute envie de rébellion, mais que tout les prisonniers prenaient pour ne pas mourir de soif. Le repas commençait toujours après une petite prière au dieu des dieux du panthéon Leilipputien, le Grand Klugus ; il était le dieu de la nourriture et des mets exotiques. Cette divinité, très mal connue chez nous, pouvait prendre l'apparence d'une petite créature à quatre bras, tenant dans chaque main un aliment sacré : un grain de riz, une tubercule, une pomme et un poireau.
Une nouvelle journée de détention de Caneios venait de débuter ; pour Caneios, une suite interminable de coups et d'injures qu'il devait subir pendant qu'il s'affairait à ramasser des cailloux sous les rayons d'un soleil de plomb. Après avoir avalé son unique repas pour toute la journée, l'Hellène suivit, pieds et mains liées par de lourdes chaînes, le fier Leil.
— Quand je sortirais d'ici, je ferai en sorte de te voir souffrir avant de mourir, marmonna Caneios à Leil, qui ne se laissa pas démonter.
— Si tu parviens à t'enfuir, c'est moi qui te ferais souffrir après t'avoir traqué comme une bête. Je serais ton bourreau mais je te laisserais le choix pour le moyen de ton exécution, rétorqua Leil triomphant.
Après la révolution de son peuple, Leil devait faire partie du Conseil, mais il avait préféré prendre le statut de garde afin de s'occuper personnellement de son ancien maître.
Le convoi arriva sur le chantier minier où un autre Leilipputien les attendait ; Leil était attendu par le Conseil pour statuer une nouvelle fois sur le sort du prisonnier Caneios. Le pauvre prisonnier, agenouillé, regarda s'éloigner son geôlier avant de se mettre au travail sous le regard sombre d'un nouveau garde encore plus inhumain que Leil, le garde Darkos Vadoros.
A suivre...