Le Dodu Dindon

Le dodu dindon du dit village,
Doyen de la douce basse-cour,
Se dandine délicatement devant les dindonneaux

Le dodu dindon du dit village,
Dédaigneux face à la délaissée basse-cour
Devient docile devant la dangereuse engraisseuse

Mais dit donc, dit le dodu dindon,
Si celui qui dort dîne
Et que la diablesse dort durant des heures

Alors pourquoi moi le dodu dindon,
Le doyen qui se dandine devant les dindonneaux
Doit dévorer la dégoûtante pitance ?

Pour pouvoir déguster la délicieuse chair
De la douce dinde aux marrons
Autrefois un dodu dindon qui se dandinait, dit la vieille dame.

# Posté le dimanche 04 février 2007 15:11

Fleur-de-Lys

La petite fleur s'éveilla dans le champ, sous un beau soleil d'été. Le vent du matin la caressa tendrement, et gentiment elle s'inclina en signe de salut. La délicieuse rosée, délicatement étancha sa soif. Fleur-de-Lys avait tout pour être heureuse, un soleil chaud, un tendre vent, un champ accueillant et une rosée amusante ; mais elle se sentait prisonnière. Elle désirait tellement parcourir le monde, le découvrir et s'amuser. Un matin, un gentil fermier cueillait des fleurs pour en faire un bouquet. Il aperçut Fleur-de-Lys et la cueillit délicatement. La petite fleur était aux anges, elle partait de son champ. Le jeune fermier la déposa, en compagnie d'autres fleurs, dans un magnifique vase en cristal ; Fleur-de-Lys était plus belle que jamais. Après plusieurs jours, la fleur était toujours aussi belle, ce qui n'était pas le cas des autres cueillies en même temps. Elle finit seule dans son vase de cristal, admiré très souvent pas le fermier qui ne se lassait pas de ce doux spectacle. Cette beauté éternelle était due à son espoir – toujours là – de partir à la découverte du monde. Les jours passèrent, puis se transformèrent en semaine, puis en mois et enfin en années. Fleur-de-Lys était prête, elle avait bien préparé son départ ; la magie de la nature lui avait offert une paire de jambe pour marcher, une paire de bras pour saluer et une douce voix pour parler. Un soir, alors que le fermier l'admirait encore passionnément, elle lui annonça son départ. Alors, sans un mot, le petit fermier prit le vase de cristal et sortit de sa chaumière ; il sortit délicatement Fleur-de-Lys et lui rendit sa liberté. Il la regarda partir au loin. Il garda le vase de cristal pour ne pas l'oublier, sa petite Fleur-de-Lys.
Et maintenant ? Fleur-de-Lys continue de parcourir le monde comme elle l'avait tant rêvé et le fermier continue de se promener dans les champs à la recherche d'une nouvelle Fleur-de-Lys.

# Posté le mercredi 07 février 2007 07:20

L'Amour à mort (Bonne Saint-Valentin)

Qu'est-ce que l'Amour ? Un doux et pur sentiment,
Une caresse, un frisson, un doux baiser,
Un sourire mais aussi un chuchotement,
Et un ultime instant où se laisser aller.

Ecouter ce long silence est insupportable.
Ton absence que j'aimerais voir disparaître
Ma parle d'une douce voix inimitable
De ces délicieux petits moments de bien être.

Cette sensation de bonheur, en ta présence,
Devrait durer pour une éternité infinie.
Ton ombre me protège et enivre mes sens
Et mon attirance pour ta belle âme s'embellit.

Qu'est-ce que l'Amour ? Un doux et pur sentiment,
Une caresse, un frisson, un doux baiser,
Un sourire mais aussi un chuchotement,
Et un ultime instant où se laisser aller.

L'envie de vivre avec toi pour l'éternité !
Oracle de Delphes donne moi ta réponse :
Rituels et dons à Isis la Divinité,
Amour et mort, il n'y a pas d'issue, alors fonce !

Jugé par ces doux sentiments, bon ou mauvais,
Ebahissant par ces qualités et ces défauts,
Trahis par ces émotions parmi les plus pures,
Mais qu'est-ce que l'Amour, si ce n'est mourir à deux ?
L'Amour à mort (Bonne Saint-Valentin)

# Posté le mercredi 14 février 2007 02:24

Mythology - Episode IV

La réception


Caneios venait de rejoindre sa nouvelle cellule, le conseil Leilipputien avait finalement validé sa cohabitation avec un autre détenu. Il se trouvait au camp depuis quelques semaines maintenant et sa conduite plutôt exemplaire lui avait permit d'obtenir un codétenu. L'ancien sculpteur prit rapidement ses marques dans sa nouvelle cellule et fit la connaissance de Paulinus, son codétenu, un jeune romain emprisonné pour la torture de nombreux Leilipputiens et l'utilisation du darkos vadoros, arme redoutable et redouté dans toutes les contrées du monde connu. Une fois les présentations faites, Caneios se rendit sur le chantier afin d'y extraire toute la journée le très convoité minerai, toujours sous la surveillance de Leil.
La journée, exténuante, se déroula exactement comme les précédentes. En raccompagnant le prisonnier à sa cellule, Leil ordonna à Caneios de se tenir près peu avant l'heure du dîner ; une réception était donné en l'honneur de Leil et celui-ci désirait avoir son prisonnier comme esclave durant le banquet. Caneios n'eut d'autre choix que d'accepter cet ordre.
La salle de réception était immense ; les invités qui arrivaient au fur et à me-sure ne s'arrêtaient pas de s'extasier devant la taille incroyable de la pièce. Il ne faut pas oublier que le Leilipputiens n'étaient pas très grands et s'extasiaient devant presque tout dès l'instant que c'était plus grand qu'eux. Petit à petit, les conversations commencèrent à fuser ici et là, créant ainsi un brouhaha assour-dissant. En rejoignant l'espace réservé aux esclaves, Caneios retrouva de vieilles connaissances, deux détenus qui étaient arrivés en même temps que lui au camp et avec qui il avait sympathisé, Kurillos et Elsus. Ils discutèrent de ce que chacun était devenu de leur côté du camp. Allongés sur leur lit, les banqueteurs avaient à leur disposition de nombreux mets des plus délicieux, notamment une sorte de petite brioche à la viande et aux légumes, dont tout le monde raffolait. Comme il allait de soi, le vin coulait à flot ; les esclaves ne cessaient de remplir les ½nochoe aux multiples dinoi de terre cuite.
La soirée se passa dans la joie et la bonne humeur, aussi bruyamment que possible. Leil reçu quelques présents de la part de ses invités, cinq rouleaux de papyrus de grands auteurs Leilipputiens, et un nouveau couteau venant du plus grand atelier de Mésopotamie. Il était satisfait de ses cadeaux et remercia tout le monde ; la fête continua.
De son côté, Caneios profitait de cet instant ; il ne se trouvait pas dans sa minuscule cellule, il se sentait presque libre. Chaque fois que leurs maitres le leur permettait, les trois esclaves parlaient de tout et de rien ; ils se redonnaient mutuellement du courage, évoquant même, durant une seconde, une possible évasion.
Le banquet commençait à toucher à sa fin, les convives commençaient à partir tranquillement. Caneios, Kurillos et Elsus se trouvaient près de l'une des tables commençant à nettoyer quand ils aperçurent l'une des convives, une aristocratique et enveloppé leilipputienne, mettre dans un sac un pot de mélasse à peine entamer et l'emporter avec elle. Les trois détenus éclatèrent de rire, la situation étant des plus comique.
La lune éclairait le camp, Caneios avait repris la direction de sa cellule toujours sous la direction de Leil. Quand la porte de la cellule se referma, Caneios s'endormit pour la première fois en plusieurs semaine avec le sourire.

# Posté le jeudi 22 février 2007 16:15

Qui suis-je ?

Qui suis-je ? Le temps.
J'avance tranquillement et inlassablement sur le fils de la vie ;
Je n'ai pas de corps mais une âme infinie.

Qui suis-je ? La vie.
Je fais battre son petit c½ur et donne le sourire à ses parents,
Et partout mon souffle, fait d'amour et de tendresse, se répand.

Qui suis-je ? L'amour.
Un doux baiser sur la joue pour effacer la peine,
Et un léger murmure qui dit simplement : « Je t'aime ».

Qui suis-je ? La haine.
Un cri qui déchire la nuit et une larme qui coule ;
Un coup de feu suivi d'un long silence au milieu de la foule.

Qui suis-je ? La mort.
Avec mon âme putride et mon corps décharné,
Je prends vos très chers intimes que vous espérez garder.


Qui je suis ? L'homme.
Vivant avec le temps et espérant l'amour,
Mais créant la haine et la mort pour toujours.

# Posté le dimanche 25 février 2007 16:59