La réception
Caneios venait de rejoindre sa nouvelle cellule, le conseil Leilipputien avait finalement validé sa cohabitation avec un autre détenu. Il se trouvait au camp depuis quelques semaines maintenant et sa conduite plutôt exemplaire lui avait permit d'obtenir un codétenu. L'ancien sculpteur prit rapidement ses marques dans sa nouvelle cellule et fit la connaissance de Paulinus, son codétenu, un jeune romain emprisonné pour la torture de nombreux Leilipputiens et l'utilisation du darkos vadoros, arme redoutable et redouté dans toutes les contrées du monde connu. Une fois les présentations faites, Caneios se rendit sur le chantier afin d'y extraire toute la journée le très convoité minerai, toujours sous la surveillance de Leil.
La journée, exténuante, se déroula exactement comme les précédentes. En raccompagnant le prisonnier à sa cellule, Leil ordonna à Caneios de se tenir près peu avant l'heure du dîner ; une réception était donné en l'honneur de Leil et celui-ci désirait avoir son prisonnier comme esclave durant le banquet. Caneios n'eut d'autre choix que d'accepter cet ordre.
La salle de réception était immense ; les invités qui arrivaient au fur et à me-sure ne s'arrêtaient pas de s'extasier devant la taille incroyable de la pièce. Il ne faut pas oublier que le Leilipputiens n'étaient pas très grands et s'extasiaient devant presque tout dès l'instant que c'était plus grand qu'eux. Petit à petit, les conversations commencèrent à fuser ici et là, créant ainsi un brouhaha assour-dissant. En rejoignant l'espace réservé aux esclaves, Caneios retrouva de vieilles connaissances, deux détenus qui étaient arrivés en même temps que lui au camp et avec qui il avait sympathisé, Kurillos et Elsus. Ils discutèrent de ce que chacun était devenu de leur côté du camp. Allongés sur leur lit, les banqueteurs avaient à leur disposition de nombreux mets des plus délicieux, notamment une sorte de petite brioche à la viande et aux légumes, dont tout le monde raffolait. Comme il allait de soi, le vin coulait à flot ; les esclaves ne cessaient de remplir les ½nochoe aux multiples dinoi de terre cuite.
La soirée se passa dans la joie et la bonne humeur, aussi bruyamment que possible. Leil reçu quelques présents de la part de ses invités, cinq rouleaux de papyrus de grands auteurs Leilipputiens, et un nouveau couteau venant du plus grand atelier de Mésopotamie. Il était satisfait de ses cadeaux et remercia tout le monde ; la fête continua.
De son côté, Caneios profitait de cet instant ; il ne se trouvait pas dans sa minuscule cellule, il se sentait presque libre. Chaque fois que leurs maitres le leur permettait, les trois esclaves parlaient de tout et de rien ; ils se redonnaient mutuellement du courage, évoquant même, durant une seconde, une possible évasion.
Le banquet commençait à toucher à sa fin, les convives commençaient à partir tranquillement. Caneios, Kurillos et Elsus se trouvaient près de l'une des tables commençant à nettoyer quand ils aperçurent l'une des convives, une aristocratique et enveloppé leilipputienne, mettre dans un sac un pot de mélasse à peine entamer et l'emporter avec elle. Les trois détenus éclatèrent de rire, la situation étant des plus comique.
La lune éclairait le camp, Caneios avait repris la direction de sa cellule toujours sous la direction de Leil. Quand la porte de la cellule se referma, Caneios s'endormit pour la première fois en plusieurs semaine avec le sourire.