Tout d'abord, les cris. Elle adorait entendre la foule crier et insulter la victime. Elle jubilait à voir tous ces gens pour la voir faire son travail. Le moment qui suivait la décapitation était le meilleur, le moment où tout le monde riait et chantait en balançant la tête du mort au bout d'une pique.
Ensuite, le goût du sang, inoubliable. Sa première fois lui fit bizarre. Elle ne savait pas encore ce qu'elle allait ressentir mais elle fut surprise. C'était encore mieux qu'elle ne l'espérait. Lorsque la lame entra dans la chair, elle tressaillit et profita de ce doux moment. Lorsqu'elle sentit le sang, expulsé du corps, dégouliné sur sa lame, elle s'envola au septième ciel.
Elle avait hâte de recommencer. Elle voulait revivre encore cette sensation inoubliable. Quelques jours après sa première fois, elle allait recommencer ; elle était excitée.
Elle aperçut la victime arriver sur la charrette, les mains attachées derrière le dos. Cet épisode préliminaire la mettait en bouche avec l'excitation de la foule qui montait en intensité. La victime lui faisait à présent face, elle la dévisagea attendant l'instant final. Le bourreau plaça la victime sur la guillotine, qui continuait d'accueillir les acclamations du peuple surexcité. La lame vibra et la jouissance fut telle que la faucheuse en demandait encore, mais elle n'aurait rien de plus ce jour.
La foule explosa de joie puis très vite se dispersa, la place se rendormant doucement. Le bourreau sortit un chiffon et nettoya tendrement la lame maculée du sang de la victime. Elle aimait ce petit moment de tranquillité et d'intimité avec lui.
La Révolution éclata et la faucheuse en jubilait d'avance. Les victimes arrivèrent en effet par charrettes entières. La jouissance allait être supérieure à tout ce qu'elle avait pût ressentir auparavant. La lame faisait à présent des va et vient, accompagnés par les cris de la foule. Et la dernière victime fut pour elle l'extase.
Sa seule peur serait de ne plus pouvoir se faire plaisir en enfonçant sa lame dans la tendre chair d'un condamné ; on sait toujours quand fut la première fois mais jamais si cette fois-ci est la dernière.
Et quoi qu'il arrive, elle est innocente !